Bon ça j’en suis pas sûr (et je voudrais pas vexer le président Machado). Mais tous ceux qui étaient là jeudi dernier s’accorderont avec moi pour dire que le commerce est l’école de la grande gueule.
Comme les gars de PGSM l’année dernière (cf. un vieux compte-rendu), les gars de Negocia ont hier fait étalage de toute leur éloquence, de leur agressivité mal placée et au final de leur incapacité à former une équipe. Dans le jargon, on appelle ça « avoir le melon ». Et, toujours dans le jargon, les porcelets leur ont mis « la queue entre les jambes » (pas la queue du melon, suivez un peu).
Dès les premiers instants du match, nos fiers gorets, bien galvanisés par leurs cadres, font l’expérience de la mauvaise agressivité des gros d’en face, qui n’a rien avoir avec la saine agressivité (coups de têtes dans les regroupements, plaquages qui découpent, coups d’épaules aux gratteurs indisciplinés…) inculquée à chaque entrainement. Seb est le premier à s’en rendre compte quand, sur un départ au ras, il est littéralement retourné par un plaquage-cathédrale de deux de ses vis à vis. Le ton est donné. Et il changera assez peu. Sur des regroupements suivants, c’est David qui se prend une droite du 4 d’en face (une des stars de l’après-midi), sorti instantanément (mais temporairement, nous y reviendrons) par son coach. Pour clore la première séquence de « je suis en école de commerce, je suis un dur, regarde comme je vais te faire peur », c’est Ivan (Yvan ?) qui, suite à une montée cafouillée des gars d’en face, se prend une mandale du 8 de Negocia. Et même s’il prend le parti de ne pas répondre, lui et le boxeur d’en-face se font tous les deux sortir pour 10 minutes. Avant cela, on peut signaler et regretter la sortie de Vincent, notre 10, sur un plaquage un peu plus fort que les autres (entorse du genou, 3 semaines d’arrêt minimum).
Et le jeu dans tout ça ? Il a fallu d’abord prendre la mesure d’un adversaire vraiment très agressif. La bonne sûreté de l’équipe en général sur les réceptions de jeu au pied y a pas mal contribué. Ça a globalement bien défendu de notre côté, et on a quand même réussi à percer la ligne quelquefois.
Le déclic vient suite à une mêlée. L’exclusion temporaire d’Ivan et du 8 adverse force à une réorganisation de l’équipe. Les mêlées se jouent à 7, Hugo passe 9, Bertrand en 10 et David en 12. Et donc sur une de ces mêlées, un peu sur la gauche sur les 22 des boutiquiers, le ballon est bien libéré, il parvient à David, bien décalé, qui voit un intervalle, s’engouffre dedans, résiste à un premier plaquage, crochette un adversaire et résiste à un second plaquage avant d’aller aplatir sous les poteaux. Et de 1. La transformation est assurée par Léo.
On sent la fébrilité grandir en face. Ils se gueulent dessus entre eux, leur coach les vanne, enfin c’est pas joli à voir.
Le deuxième essai est simple et beau, comme un coucher de soleil sur une porcherie en automne, et en plus marqué par un ailier, ce qui est assez rare pour être souligné. A la sortie d’un maul, Ivan, revenu sur le pré, éjecte bien la balle sur Hugo qui redouble avec Alexis et passe sur un pas pour Michele qui, magnifiquement décalé, met les gaz pour aplatir avant le retour de ses opposants.
La fin de la première période a été plus délicate à négocier (oui, j’insiste, il fallait le sortir au moins une fois). Les porcelets sont acculés dans leur 22 sans parvenir à en sortir pendant une bonne dizaine de minutes. Mais la défense héroïque tient pendant tout ce temps. Jusqu’à ce que sur une libération sur les trois-quarts adverses, la défense rose cafouille un peu, il est vrai du fait d’un en-avant non signalé par l’arbitre (décision que notre équipe a eu le bon goût de ne pas contester).
C’est donc avec la pression que vient la mi-temps, sur le score de 15 à 5, même si on ne sent pas les gars d’en face suffisamment forts collectivement pour réagir. La consigne est donc de rester soudés, de ne pas rentrer dans leur jeu de parlotte et d’être plus prompts et agressifs dans les rucks.
Et cette tactique a été payante. Le petit manège des marchands d’en face a continué, ils ont continué de s’énerver, à discuter, à foutre des droites gratuites et inutiles auxquelles il a été de plus en plus difficile de ne pas répondre (je pense à Robin qui lui aussi a servi de sac de boxe au 4 adverse).
Contrairement à ce qui s’était passé en première mi-temps, Negocia ne parvient pas à s’installer dans le camp des roses. Et quand ils y parviennent, ils en sont réduits à tenter des coups de pieds à suivre infructueux, notamment grâce aux jeunes installés en cercle dans notre en-but qui ont reçu un ballon d’essai pour les adversaires et les insultes de ceux-ci pour avoir fait avorter leur seule occasion (ça ne change pas grand chose, Nicolas J couvrait bien son aile).
Et de leur côté, les porcelets ont continué à jouer, autant que possible avec des ballons ralentis par l’agressivité de Negocia sur les rucks.
C’est d’abord Hugo qui y a été de son essai. En position de 9, il voit le trou, relève le ballon, crochète 2 ou 3 adversaires de plus en plus dépités, désengagés et dessoudés, et va aplatir entre les poteaux.
C’est ensuite Benoît G qui, sur une mao à quelques mètres de la ligne relève lui aussi le ballon et inscrit un essai dans un style plus… gros. Il fonce dans un intervalle et fait jouer sa capacité à transpercer de centre de métier pour faire échouer les placages adverses et aplatir.
Le dernier essai est le symbole de la déconcentration adverse : sur une touche de Negocia a quelques mètres de sa ligne (très bien trouvée par Bertrand), le talon des commères lobe ses 2 pods de saut et c’est Yvan, 9 au taquet, qui récupère le ballon et fonce vers l’en-but adverse pour parachever le succès des roses. Un succès marqué par la bonne perfomance de Léo comme buteur, qui aura passé 4 transformations sur 5 et les 2 pénalités qu’il a tenté.
Voilà, 38-5, c’est cher pour les futurs VRP mais ça leur apprendra à jouer en équipe avec les mains et les jambes plutôt que tous seuls avec leur grande gueule. Et à nous à rester disciplinés, mais aussi à être plus agressifs sur les rucks et plus soudés dans le triangle de derrière pour réussir dans la suite de la compétition.
Et le plus beau : on les retrouve en 2ème partie de saison !
La Burne :
Les avants : 2 points à tous pour la performance un peu en-dessous de la normale sur la conquête en touche.
David : 4 points pour s’être rendu-compte quelques minutes après qu’il s’était bien en effet cassé le doigt. Bon rétablissement !
Vincent : 4 points aussi pour son match le plus court de la saison. Bon rétablissement aussi !
Séb : 3 points pour s’être fait retourner comme un ailier sur un pick & go. On avait dit à l’échauffement : on se baisse. Ceci dit le spectacle valait le détour !
Le 8 de Négocia : 10 points pour ses 25 minutes passées sur le terrain, réparties ainsi : 10 minutes puis un carton sur bagarre, retour sur le pré, re-coup de poing après un quart d’heure. L’arbitre arrive alors et dit : « encore vous ? ». Et dehors.
Le 4 de Négocia : 6 points pour ses marrons distribués à David et Robin et son carton jaune. Et aussi pour son regard très méchant au juge de touche porcelet qui ne l’a pas aidé à gagner.
Pierre M : 3 points pour sa merde au pied. Tous les coups de pied défensifs contrés ou presque, et un coup de pied offensif réussi mais qui mange un surnombre sur son aile droite.
Les arrières : 1 point chacun pour quelques merdes sur réceptions de coups de pied.
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( 2.9 / 32 )Victoire 39 à 5 contre Negocia.
A suivre, la demi à cité U contre l'ISEG, à 15h00.
La fanfare de PC sera là, on vous attend nombreux pour les soutenir!
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( 2.9 / 33 )Quart de finale du championnat de Paris, contre Negocia le 04/02/2010 à 15h00 au stade Max Roussié (métro porte de St Ouen)
Venez nombreux supporter les valeureux guerriers rose et noir!
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( 3 / 37 )« Caca de fête, caca qui fouette. » (Proverbe porcelet)
« Roh la vache ce mal de tête. Quelle heure il est ? Midi ? Bordel… »
Ce matin, c’était dur. Très dur. En m’extrayant de mon lit, je suis tombé sur mon sac à dos. Et là tout a commencé à revenir. Je me suis rassis, pour éviter de me casser la gueule, et j’ai sorti tout ce qu’il y avait dans ce sac.
Des menus de restaurant. Mais oui c’était au Flam’s.
Des pichets de bière, vides. Mais oui on était tous bourrés comme des coins.
Des décorations de Noël… Ah ! le sapin !
Une pancarte de France Télévisions pour un truc qu’ils faisaient à l’ENS. Hein ? Ah, un pichet de Ricard ! C’est vrai qu’on a fini à l’ENS, soirée cheap ou bling bling.
J’ai donc fait travailler la bouillie qui subsistait encore de mes méninges, et je suis arrivé au récit qui suit.
La soirée a commencé par un apéro bien sympa à PC. Que j’ai complètement oublié. Ah non, c’est vrai j’ai pas pu y aller.
Ensuite direction le Flam’s Montparnasse, qui ne nous avait jamais vu réunis. Et qui n’a pas été déçu. Début des hostilités, il est 20h. Dès les premiers pichets ça a commencé à chanter. « Ami porcelet, ami porcelet lève ton veeeeerreuh et surtooouuut ne le renverse pas… ». « E bevi lo bevi lo bevi lo… ». En gros ça a envoyé des culs secs de bière à un rythme suffisamment effréné pour que le staff du resto ait du mal à suivre. Et ça continue à crier : « Attention ! Attention ! C’est nous les terribles guerriers porcelets qui descendons de la montagne dans le RER ! PILOU ! PILOU ! »
Ca a même un brin gavé la table d’à-côté. Je me souviens du dialogue collectif avec la petite Céline d’en face, qui essayait timidement de prendre la parole face aux chœurs de l’armée rose :
- Laissez la parler ! Laissez la parler ! Laissez, laissez, laissez la parler !
- S’il vous plaît, vous pouvez…
- Elle a bien parlé ! Elle a bien parlé ! Elle a, elle a, elle a bien parlé !
Pas vraiment un dialogue donc. Mais on lui a versé des verres, sympas, et on l’a fait boire. On a même essayé de conquérir la table d’à-côté, pas vraiment rugby dans l’esprit, en allant à 30 faire la bise à la jeune et jolie demoiselle qui fêtait là son anniversaire, mais en vain. « On entend pas chanter ceux d’à-côté, on entend pas chanter ceux d’à-côté ».
Ca ne nous a pas empêché de chanter. Pas plus que le staff du Flam’s qui relayait les plaintes des paisibles clients du dessous. Mais à vrai dire, même Hugo ne contrôlait plus trop.
Et puis on a tourné, histoire de pouvoir s’arsouiller et trinquer avec tout le monde dans la soirée. On a continué à chanter, certains se sont désapés, un anonyme qui ne s’est toujours pas dénoncé à poser une large quiche dans les toilettes du Flam’s. Du lourd donc.
Ca a duré comme ça pendant plusieurs heures, jusqu’à 23h30 si je me souviens bien. Jusqu’à se qu’on sorte à la queue-leu-leu en chantant « C’était un porcelet qui allait sur le pré. Il avait ingéré, trois litres dans la soirée. Le porcelet rouli roula ! ».
C’est sur le même air que nous sommes descendus dans le métro, après avoir gentiment montré nos fesses par la fenêtre aux clients qui n’avaient, décidemment, pas choisi leur soir.
Après, je me souviens du tapis roulant du métro Montparnasse qu’on a fait trois fois. La première en Paquito chocolatero, à la file indienne et le cul par terre en faisant passer les gars de devant par dessus nous. Là aussi les passants ont bien ri.
Jusqu’à ce que l’instinct de deux troisièmes lignes de choc, Ludo et Nico P, attisé par l’alcool, ne fasse des ravages. A la sortie du tapis roulant, position poussée en mêlée. Ce qui est sur, c’est que ça bien bloqué une vingtaine de personnes qui continuaient d’avancer et hurlaient de panique. Bilan : le genou de François re-flingué, une vieille qui se casse la gueule à la sortie avec sa valise, des contusions diverses, et de belles engueulades.
Le plan voulait qu’ensuite nous filions jusqu’à Ulm, pour une grosse soirée Open Bar.
Une petite pause pipi quand-même avant d’y aller, sur l’École des chartes, c’est tellement mieux. Et un passage par la place du Panthéon d’où nous ramenons un beau sapin, roi des forêts, bien décoré, pour la soirée de nos amis.
Là-bas, tout a achevé de partir en sucette. Porcelets torse poil sur les tables, frottage sur le cheptel féminin, Hugo avec des verres et un pichet scotchés sur la gueule faisant boire les gens à même sa tête…
Je suis parti à 2h du mat’.
Et depuis j’ai pas bu une goutte d’alcool.
La burne
Grosse soirée pour la coucougnette des Porcelets. A croire qu’ils se faisaient concurrence.
Hugo : 15 points en tout. Pour son échec à lancer « Se canto » et sa persévérance à insister malgré les voix qui partent en couille d’avoir trop chanté. Pour son cul montré à toute la table. Pour ce qu’il a pu dire au staff du Flam’s pour justifier la situation et que je n’imagine toujours pas. Pour ses verres scotchés à la gueule à l’ENS. Et accessoirement pour avoir organisé la soirée (merci !).
Ludo et Nico P : 20 points chacun, heureusement qu’on était bourrés pour en rire, c’était franchement dangereux votre truc.
Brieuc : 10 points Pour ses culs-secs déjà légendaires, pour son chant des wallons, pour son cul, pour son frottage torse-nu sur fille casée à Ulm.
Bandeau : 3 points pour avoir été surpris par moi à marmonner « Céline » d’Hugues Aufray la tête presque écrasée sur la table.
CAF : 2 points pour ne pas avoir été tout à fait aussi rayonnant que lors du précédent repas des porcelets.
Nico P : 5 points en plus pour l’initiative de chourer le sapin de la place du Panthéon.
Daniele et Filipo : 4 points en plus pour leur super chanson à boire, incontestablement le tube de la soirée.
PS : si vous vous souvenez de plus que moi, complétez en commentaire.




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